mercredi 23 octobre 2013

Célébrons noël à Pondichéry

Au petit matin après encore un petit déjeuner très (trop) copieux, je fis la rencontre d’Anil, notre chauffeur. Nous allions traverser une bonne partie du Tamil Nadu et du Kerala avec lui à bord de son Tempo Traveller, un minibus de 11 places parfait pour nous 5 et nos grosses valises...

Sur la route de Pondichéry, on fit un arrêt à Tirukalikundram pour visiter un joli temple situé sur une colline. Il fallut gravir pas moins de 600 marches pieds nus pour arriver au sommet. Ce respect envers les dieux nous valut d’avoir les pieds noirs et collants pour le reste de la journée mais l’ascension jusqu’au somment valait le coup, on y avait une vue imprenable sur la plaine.

Le temple ouvrait à 10h, nous avions un peu d’avance ce qui nous permis de nous asseoir à côté des hindous qui patientaient en chantant. Ces hommes et ces femmes avaient le visage buriné par le soleil et laissaient apparaitre d’impeccables dents blanches à chacun de leur sourire.



De toute évidence, nous attirions leur curiosité et c’est à 10h05 lorsqu’une myriade de femmes enveloppées dans leur sari jaune et rouge escaladèrent les dernières marches que cette curiosité s’exprima pleinement. Tour à tour les fidèles se pressèrent autour de nous pour nous demander de les prendre en photos, tous voulaient poser avec leur famille et leurs amis devant mon objectif. Je ne m’arrêtais pas d’immortaliser leurs visages et de leur montrer le résultat sur le petit écran de mon appareil photo.
Aucun d’entre eux n’oublia de me remercier avant de se précipiter à l’intérieur du temple. On attendit que la foule se dissipe avant d’y rentrer à notre tour. Nous avions acheté un petit sac d’offrandes qui contenait une noix de coco, de l’encens, des bananes et quelques plantes. On le donna au Brahmane qui officiait dans ce temple. Il partit avec le sac dans le sanctuaire, il fendit la noix de coco et la présenta au dieu sur un plateau doré dans un mouvement circulaire. Il nous fit un tilak blanc représentant le 3ème œil de Shiva sur le front puis on alluma l’encens près d’une statue de Ganesh pour nous porter chance.
On continua notre route vers Pondichéry en contemplant le paysage qui alternait entre rizières et plaine semi-désertique.


On tourna et vira pendant un bon moment avant de trouver notre guest house. Notre chauffeur eut le malheur de demander la route à un « fellow » (gars en anglais) qui s’avéra être un rabatteur qui nous indiqua une mauvaise route pour nous perdre et nous emmener dans un autre hôtel, un sport national. Il nous suivit ensuite jusqu’à notre guest house pour proposer à Anil une commission s’il nous emmenait dans son magasin… Une vraie arapède !
La bâtisse était peinte en blanc et bleu agrémentée de lustres en verre et de belles peintures. On y a particulièrement aimé des tableaux venant de la région de l’Orissa… A visiter une prochaine fois J

Ilyas, le propriétaire de la guest house Adhaar était un indien français de parents nés en France, c'est-à-dire à Pondichéry ! Il faut dire qu’après avoir été un comptoir prospère au XVII et XVIIIème siècles puis une pomme de discorde entre les français et les britanniques, Pondichéry resta français jusqu’en 1956 où elle fut restituée à l’Inde. Et aujourd’hui encore les influences françaises perdurent.
Sur cette photo, ça n'est pas vraiment parlant et pourtant...
La décoration y est plus recherchée, les rues forment des angles droits réguliers, des bars sont présents, les églises sont massives, de nombreux indiens y parlent encore notre langue et les expatriés français y sont nombreux.


La journée commença par la dégustation d'un succulent Thali au 1er étage d’un restaurant où il n’y avait certes pas d’attente pour obtenir une table contrairement au RDC mais il n’y avait également pas de déco et pas de fenêtre cela faisait...cantine. On était au milieu d’indiens un peu étonnés de nous voir là et nous avons essayé de manger autant qu’eux, je ne dirais pas les noms mais certains ont réussi…
Restaurant : Surguru, Mission Street, Pondichéry. 
Nous avons ensuite déambulé dans les rues de Pondy tout en buvant des noix de coco fraîches. Nous avons visité l’ashram de Sri Aurobindo, un poète et philosophe bengali qui fonda avec la « Mère » Auroville dont nous parlerons plus tard. Ashram signifie  « travail sur soi ». Grâce à la méditation collective et la pratique du yoga, les membres de l’ashram Sri Aurobindo sont censés pouvoir approcher le divin... La tombe des fondateurs trône au centre de la cour de l’Ashram. Recouverte de fleurs, elle est vénérée par les indiens comme s’il s’agissait d’un temple. La « Mère » avait d’ailleurs ces propos à l’égard des indiens « Ils adorent adorer ».




Nous avons ensuite promené (ou plutôt essayé de promener) dans le marché à l’heure de pointe. Ses allées étaient bondées et il nous fallait jouer des coudes pour se frayer un chemin parmi les nombreux étals.  Partout autour de nous, les vendeurs à la criée déclinaient avec ferveur les noms de leur marchandise : Ail, bananes, pâtes de mille couleurs, bingles (bracelets en verre), fleurs et légumes en tout genre. Nous y avons découvert entre autres du tamarin, une sorte d’haricot séché en pâte qui est utilisée pour relever certains curries (voir photo ci-contre)



Nous avons essayé d'acheter des saris mais face à un si large choix, on aurait tout pris !
C'est mieux que le ciné, pas vrai les garçons ?


On s’est ensuite dirigé vers le temple de Lakshmi où un éléphant bénissait avec sa trompe les passants en échange d’une petite pièce ou d’une poignée de foin.


Toute la famille fut bénie. Selon Hugo, cela fait le même effet que « si quelqu’un te tape avec une knacki »… !? Heureusement qu’il n’est pas le rédacteur de ce blog, vous auriez droit à des comparaisons étranges... Quant à moi, je ne pourrais vous donner mon impression sur le sujet car je n’ai pas eu le temps de recevoir la bénédiction puisque l’éléphant était appelé pour une cérémonie à l’intérieur du temple. Oui oui un éléphant dans un temple vous avez bien entendu ! Regardez par vous-même !



En chemin, plusieurs personnes nous ont souhaité un joyeux noël mais loin de nos repères, de l’habituel sapin, du froid de l’hiver et du reste de la famille, nous avions un peu de mal à réaliser… Certains restaurants proposaient bien des menus de Noel mais le foie gras faisant défaut, nous avons plutôt opté pour un repas de noël local J. Nous avons acheté quelques samosas et des parothas fourrées aux légumes, à l’œuf et aux épices dans un stand de rue. Nous nous sommes offert du Coca-Cola en guise de champagne et des macarons Ladurée ramenés de Paris pour le dessert. Nous avons savouré notre délicieux repas de Noel sur le top roof de notre guest house bercés par la brise et la musique provenant des églises environnantes.

Minuit approchant, nous ne pouvions décemment pas manquer la messe de Noel célébrée en Tamoul dans l’église d’à côté. On s’est vêtu de nos habits du dimanche emportés en Inde pour l’occasion, entendez par là une vulgaire paire de baskets, un jean un peu sale et un K-way… Un peu honteux (surtout Isa), on s’est assis au milieu des indiens magnifiquement parés de vrais vêtements de fête. Les femmes avaient toutes sorti leurs plus beaux saris en soie et brodés d’or pour la plupart. Une atmosphère joviale planait dans l’église : les fenêtres étaient ouvertes, les couleurs des saris étaient éclatantes et des centaines de bougies éclairaient la pièce. On était là encore bien loin de notre noël traditionnel. Les chants également étaient différents en Tamoul, forcément, ça change mais on a quand même reconnu « Douce Nuit » ! Autre différence, tous les bancs de l’église étaient pleins à craquer, ils avaient même disposé des chaises supplémentaires sur le parvis pour accueillir les fidèles venus en trop grand nombre. Les 12 coups de minuit sonnèrent, le petit Jésus allait être installé dans la crèche qui n’avait qu’un lien de parenté éloigné avec la belle crèche de Papi mais qui avait le mérite d’exister. On alla se coucher pour une fois sans avoir trop mangé ce qui nous laissait de la place pour le repas du 25 !


samedi 19 octobre 2013

Obtenir son VISA étudiant pour aller en Inde

Votre départ en Inde approche.. Entre les vaccins, la préparation de votre valise, l'obtention de votre VISA et l'organisation du voyage, vous ne savez plus où donner de la tête.
Voici quelques conseils pour vous éviter des sueurs froides concernant la demande de visa étudiant.

Etape 1 : Découvrez le VFS
Rendez-vous sur le site de l'organisme qui délivre les visa en France
http://www.vfs-in-fr.com/
Dès les premières lignes, vous apprenez que VFS n'a, je cite "strictement aucune influence sur la décision prise par l'Ambassade de l'Inde ou sur les temps de traitement d'une demande de visa."
Or vous ne pouvez pas contacter l'Ambassade de l'Inde pour les demandes de visa.
L'histoire a l'air mal engagée...
Choisissez votre type de visa, cliquez sur étudiant, téléchargez la liste des documents requis et là, au milieu du PDF, une phrase en rouge vient de réduire à néant tous vos espoirs de road trip en un instant.
"Selon les instructions de l’Ambassade de l’Inde, il n’est pas possible de déposer une demande de visa étudiant (Student Visa) plus de 20 jours avant la date de début du cursus ou du stage." 

Etape 2 : Paniquez
Quoi ? Mais ça n'est pas possible ! Vous avez déjà pris vos billets d'avion et vous avez prévu de partir 1 mois avec votre amoureux(se) avant votre rentrée !
Vous pouvez écrire à infoindefrance@vfshelpline.com en français/en anglais, vous pouvez leur téléphoner, aller les voir mais ils resteront impassibles..
Si vous voulez, vous pouvez pleurer mais...

Etape 3 : Contre-attaquez et dans tous les cas, remplissez votre formulaire en ligne
- A : Vous aviez oublié de réserver les billets et vous ne voulez pas partir longtemps avant votre rentrée :
Suivez la procédure classique, remplissez votre formulaire en ligne, imprimez-le et déposez le par courrier ou en agence. Seules contraintes, renvoyez le dossier 20 jours maximum après avoir rempli le formulaire et prévoyiez 15 jours de délais pour être large.


B. Vous pouvez échangez vos billets pour partir pile 20 jours avant votre rentrée.
Dans ce cas, la solution est de prendre le billet à J-19 par rapport à la date de votre rentrée et de déposer la demande de VISA en urgence à Paris au jour J-20. Vous devrez remplir le formulaire sur internet au préalable, le déposer le matin du jour J-20 aux horaires indiqués. Sur place, vous tremblerez à l'examen de vos pièces justificatives, l'agent les scrutera une par une et là, il vous dira avec détachement "Votre lettre d'admission dans l'université X n'est pas l'originale, il s'agit d'une simple impression, ça risque de ne pas passer" "Quoi ???? C'est pourtant le papier que mon école m'a envoyé" "Oui mais ça n'est pas l'originale" "Qu'est ce que je peux faire ?" "Revenez ce soir"
Toute la journée vous allez angoisser, jurer contre votre école, haïr VFS et puis le soir du jour J-20 aux horaires indiqués, vous irez chercher votre passeport la mort dans l'âme et il sera..tamponné !


La procédure est risquée, je vous conseille donc d'écrire à VFS pour vérifier avec eux que vous avez bien tous les éléments et que vos papiers sont conformes pour limiter les risques de refus. Insistez auprès de votre école pour avoir une lettre d'admission originale.
Pour cette procédure d'urgence, un supplément de 53€ vous sera facturé

- C : Vous n'en démordrez pas et vous tromperez l'ennemi :
Ecrivez à votre université en Inde et demandez lui de rajouter sur la lettre d'admission originale la phrase suivante : "L'UniversitéX a été informée que l'étudiant X né le X/X/X ayant pour n° de passeport X souhaite arriver en Inde le jour X pour visiter le pays, l'université X n'y voit pas d'objection"
Une fois cette lettre en poche, vous pourrez revenir au cas A et suivre la procédure classique... enfin... si votre université vous répond dans les temps.


Autres infos VISA :
- Validité du visa étudiant :
Le visa étudiant est valable 6 mois à partir de sa date d'émission et ce, quelque soit la durée de votre échange universitaire, souvent inférieure à cette période.
- FRRO (Foreigner Regional Registration Offices)
Si votre visa est de 6 mois soit 180 jours, il est inutile de s'enregistrer au FRRO.
Dans le cas contraire, vous aurez 14 jours suivants votre arrivée pour vous y inscrire.
- Nombre d'entrées :
Normalement, un visa étudiant dispose de 2 entrées sur le territoire indien, ce qui signifie que dans la durée de validité du visa vous pouvez aller en Inde, voyager dans un autre pays et y revenir une fois.
- Restricted aera :
Il est inscrit sur un visa étudiant "Not valid for prohibited/restricted and cantonment areas"
Or les îles Andamans sont considérées comme une restricted aera mais en fait, vous pourrez y aller quand même. L'interdiction sur le visa ne concerne que les zones militaires.


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vendredi 18 octobre 2013

Kollam

Pour ceux qui ont visité l'Inde du Sud, vous avez certainement remarqué ces magnifiques dessins devant l'entrée des foyers indiens.
Mais qu'est ce que c'est ?

Il s’agit de l’art du Kollam, un art traditionnel du Sud de l’Inde, exécuté exclusivement par les femmes dont la technique se transmet de mère en fille.

Ces dessins représentent des figures géométriques mêlées à des fleurs. Ils sont tracés à l’aide de pigments et de poudre de riz. Le Kollam est généralement exécuté à l’aube et est placé devant les habitations en guise de bienvenue ou près des divinités en guise de prière. De par leur nature éphémère, les kollams sont vite balayés par les vents ou détruits par les pas des passants, il faut alors sans cesse les renouveler...
Profitez de l'instant présent....


 

Préparer sa valise pour aller en Inde

J-7 et votre valise déborde déjà.... Pourtant vous auriez bien ramené quelques saris et épices à votre famille. Vous n'avez pas le choix, il va falloir abandonner quelques affaires en France pour faire un peu de place !
Voici les essentiels sur lesquels vous ne devez pas faire l'impasse :

KIT DE SURVIE

- Un spray anti moustique
Comptez 1 spray pour 15 jours pour 2 personnes.
Vous n'avez plus de spray une fois sur place ? Pas de panique achetez de la crème Odomos et tartinez-en bien.
Je vous conseille également d'acheter sur place dans n'importe quelle échope une prise anti-moustique électrique et sa recharge, cela ne vaut pas cher et vous évitera bien des piqûres.
Mon astuce : conserver le bouchon pour refermer le flacon après chaque utilisation et le remettre ainsi dans votre sac.

- Un gel hydro alcolique
Pensez à vous laver les mains régulièrement une fois sur place.

- Des boules Quies
Indispensables surtout si vous comptez prendre le train ou le bus de nuit.
Les indiens ont un sommeil beaucoup plus profond que la plupart d'entre nous, cela vous évitera d'être réveillé par un klaxon, imam, coq ou marchand ambulant.

- Des médicaments
Ne partez pas en Inde sans médicaments bien qu'il soit possible d'en acheter sur place. Pour votre tranquillité ne lésinez pas sur le combo Smecta, Ercefuryl, Imodium et Spasfon.
Je vous conseille aussi d'ajouter un produit désinfectant, des pansements, quelques Doliprane, du Parfenac ou Onctose pour apaiser les piqures de moustiques.
Si vous y êtes sujets, vous pouvez ajouter du Gaviscon pour les brûlures d'estomac, du Vogalib contre l'envie de vomir et des anti-biotiques pour traiter les infections urinaires (il existe des sachets uniprise très pratiques)
Ma reco pour les gens sensibles aux aphtes : pensez au Pyralvex !
Pensez à faire vérifier vos vaccins avant de partir !

- De la crème solaire
Le soleil tape plus fort en Inde et ce toute l'année alors on n'hésite pas et on se tartine pour avoir une peau dorée sans être fripé

- Une serviette en microfibres
La plupart des hôtels fournissent des serviettes mais certains à budget réduit rognent sur ce service...Mieux vaut être équipé, ces serviettes sèchent vite et ne prennent pas de place.

- Un rouleau de papier toilette et/ou mouchoirs
Anti-glamour, certes....mais certains hotels rechignent à vous donner des rouleaux de papier toilette supplémentaires et n'hésitent pas à vous le facturer. Vous risquez aussi de vous arrêter sur des aires d'autoroute - 4 étoiles donc prenez-en un... juste au cas où.

- Si vous êtes une fille, des cotons à démaquiller et des tampons
Il n'est pas toujours évident d'en trouver, même dans les supermarchés.

- Un sac de couchage en soie, notre bien aimé "sac à viande"
Pour les voyages sacs à dos, il vous évitera bien souvent de déchanter. Vous aurez votre petit nid douillet n'importe où.

- Un maillot de bain
Même si vous n'avez pas prévu d'aller dans une ville côtière, l'Inde réserve parfois des surprises. Lisez mon article sur Ajanta, vous comprendrez mieux.

- Des T shirts à manches courtes et pantalons longs
En Inde, porter une tenue correcte vous évitera bien des regards surtout si vous êtes une femme.
D'une manière générale, préférez les t shirts manches courtes aux débardeurs, les pantalons longs aux shorts. Dans certains temples, les hommes devront également avoir les jambes couvertes comme c'est le cas à Madurai.
Mon astuce : achetez sur place une étole qui vous servira pour vous couvrir les épaules et qui vous servira de paréo en rentrant.
Si vous êtes en road trip, vous pouvez économiser de la place en prenant moins de t shirts que prévu, il vous suffira de les laver dans votre chambre d'hôtel ou de les confier à la conciergerie, ils n'ont en général besoin que d'une journée. Renseignez-vous à votre arrivée mais ne vous attendez pas à un service de luxe, en Inde on lave tout à la main et on fait sécher les vêtements sur le sol !

-  2 paires de chaussures, une ouverte, l'autre fermée :
Adaptez vos chaussures à vos visites.
Vous serez amenés à marcher souvent pieds nus pour visiter les temples et mosquées, les chaussures ouvertes sont donc très pratiques pour se déchausser rapidement.
A Varanasi, vous devrez slalomer entre les bouses de vaches, je pense donc que les chaussures fermées s'imposent...

Des robes et shorts :
Si vous allez dans des villes balnéaires comme à Goa ou Varkala, vous pourrez bien sur porter des shorts et des robes mais la tenue doit rester décente.
Si vous êtes de passage à Mumbai, la robe de soirée est OBLIGATOIRE. Vous ne savez pas sur quel acteur de Bollywood vous pouvez tomber ou dans quelle soirée vous pouvez être embarquée !

- Une polaire / Un K-way:
L'Inde est un pays immense avec une grande diversité de climats.
En aout/sept ne partez pas sans k-way, la mousson risque de vous mouiller quelques fois
Si vous allez dans les montagnes du Tamil Nadu type Ooty, il risque d'y faire frais, pensez à prendre quelque chose de chaud. Attention aussi à ceux qui se rendent à New Delhi et sa région en décembre, il y fait froid. Une polaire vous servira aussi à vous protéger des clims glacées dans les restaurants.

- Un appareil photo
Pour ne pas en râter une miette !

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FACULTATIF MAIS PEUT ETRE UTILE

- Un peu de shampoing et du gel douche
Si vous n'aimez pas vous laver au savon vert ou au shampoing noir (ceux qui sont déjà allés en Inde, comprendront là où je veux en venir), partez avec un peu de votre shampoing et de votre gel douche.
Vous pourrez également acheter sur place du shampoing unidose dans toutes les boutiques au bord de la route.

- Purificateur d'eau type Hydroclonazone
Vous trouverez des bouteilles d'eau minérale partout mais si vous réalisez un séjour dans un endroit très réculé ou un séjour prolongé, pensez-y.

- Un masque contre la lumière
Les indiens n'ont pas de volets et souvent aucun rideau, si vous êtes sensible à la lumière du jour, prévoyiez un masque de nuit.

- Un coussin gonflable
La literie de base des indiens est assez rudimentaire, un coussin à gonfler de type Nature et Découvertes vous évitera bien des torticolis.

- Des stylos / Une photo de vos proches
Lors de vos traversées dans différents villages, les enfants vous en demanderont. Ce "racket" organisé vous permettra de rencontrer la population et d'avoir une relation de donnant / donnant. Très accueillants et curieux les indiens seront ravis si vous leur montrez une photo de vos proches.
Dans les villages, attention aux pièges qui consisteront à vous faire payer le fait d'avoir pris telle ou telle photo. Les indiens ne sont pas des bêtes curieuses, demandez leur autorisation avant de les photographier.

- Des lingettes
Parfois utile pour vous nettoyer le visage lors des grandes chaleurs ou dans les grosses agglomérations, histoire de retrouver un peu de fraîcheur

- Un cadena
Vous serez souvent amené à laisser vos bagages à la réception de votre hôtel or en Inde, la plupart d'entre eux n'ont pas de local à bagages. Prenez un cadena pour fermer le contenu de votre sac, histoire de balader le coeur léger.
Pour les voyages en train, pensez à attacher vos sacs avec votre cadena pour éviter toute mauvaise surprise

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INUTILE :

- Adaptateurs
Les prises sont équivalentes aux prises françaises, il n'y en a donc pas besoin, par contre les prises possèdent des interrupteurs, pensez à les mettre en marche :)

- Une moustiquaire imprégnée
La plupart du temps vous ne pourrez pas la fixer et vous encombrera, préférez donc les prises anti moustiques.
Cependant, elle peut-être utile vous si vous souhaitez dormir à la belle étoile (mais....je ne conseille pas vraiment ou alors sur un house boat) ou si vous souhaitez vous rendre aux Andamans.



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lundi 24 décembre 2012

Mamallapuram et ses rochers étranges

Une chambre m’attendait à l’hôtel Mahabs de Mamallapuram (ou Mahabalipuram), où Isa, papa et les frères me rejoindraient dans quelques heures. Leur vol devait arriver à 4h du matin à Chennai, ils seraient donc là au petit matin. Réveillée par les cris matinaux du coq je les attendis patiemment.
A 7h j’entendis des voix familières résonner dans la cours de l’hôtel et bientôt j’aperçu leurs silhouettes dissimulées sous des kawé pour éviter les piqures de moustiques. 
On prit alors notre 1er petit déjeuner ensemble où ils découvrirent quelques plats locaux : Masala dosa, poori et Idly à tremper dans du sambar, sauce rouge épicée ou dans du chutney de noix de coco. Le petit déjeuner eut un franc succès, ils semblaient déjà conquis par ces mets indiens.

On prit ensuite la direction de l’ascèse d’Arjuna, un relief sculpté dans la roche qui représente des scènes de la mythologie hindou.  De nombreux fidèles habillés en rouge et jaune descendaient de bus bondés.  Isa eut droit à sa première séance photo avec les locaux.





On se promena dans la colline qui domine la ville en évitant soigneusement les singes et en escaladant les nombreux blocs de grès semés dans le paysage. 


Celui qui attira particulièrement notre attention fut le fameux rocher appelé « boule de beurre de Krishna », un énorme bloc de pierre rond semblant tenir en équilibre comme par magie. Il semblait pouvoir glisser à chaque instant. Perchés sur un rocher, on eut une magnifique vue sur les rizières et la mer environnantes.  Un phare aux allures bretonnes se tenait là au milieu des cocotiers.
On prit ensuite la direction de la mer au bord de laquelle se massaient des dizaines d’indiens. La force du vent et de la houle rendait peu attrayante la baignade mais certains profitaient néanmoins de l’eau pour s’y rafraîchir tout habillés.


Avec la chaleur et la fatigue du voyage et du décalage horaire, on retourna à l’hôtel pour se reposer et se baigner à la piscine pour certains.

On se remit ensuite en route pour aller manger dans un restaurant face à la mer duquel on avait une vue imprenable sur la plage colorée. Des femmes y vendaient des tissus, des pêcheurs y réparaient leurs filets, des vaches s’y prélassaient au soleil et des enfants jouaient au milieu des barques peintes de couleurs attrayantes.


La vue était magnifique mais le repas assez quelconque et cher. Attention aux attrape-touristes dans ce quartier de Mamallapuram.

On continua notre visite pour aller voir le temple du Rivage, un joli temple consacré à Shiva construit au bord de la côte battue par les vents depuis le VIIIème siècle.


On se mit ensuite en chemin des Cinq Rathas, petits sanctuaires dédiés à différents dieux hindous devant lesquels se tiennent des sculptures de l’animal monture du dieu en question. La statue du lion associée au dieu Vishnou avait de succès auprès des enfants indiens qui n’hésitaient pas à monter sur ces édifices du VIIème siècle pour prendre des photos souvenirs. On a préféré poser à côté du majestueux éléphant grandeur nature.

On prit un rickshaw à 5 pour rentrer, on était un peu serrés mais c’était typique : nous étions une vraie famille indienne. Isa et papa ont goûté au massage kéralais, ce qui les a bien détendus. Pendant ce temps je suis allée chez un tailleur qui devait me faire des jolis coussins à partir du tissus que j'avais acheté à Bombay mais il était en réalité en train de les massacrer. Il avait coupé le tissu au milieu des ornements et ne savait pas où mettre les fermetures éclairs ! Après quelques échauffements, je finis par obtenir ce que je souhaitais. Leçon n°1 : donner un modèle aux tailleurs indiens si on a une idée précise de ce que l’on souhaite. 

Pour le dîner, tout le monde se délecta de nans et de gravy avant d’aller se coucher bien repus. 

dimanche 23 décembre 2012

Le paradis existe aux Andamans

Après ma dernière soirée avec les français, Bernhard et quelques amis indiens, j’ai pris mon dernier rickshaw immatriculé MH02 (MH pour Mumbai Maharastra et 02 pour Andheri) en direction de l’aéroport accompagnée d’Hugo et Mélodie. L’Inde et ses règles omniprésentes dans ce foutoir organisé nous obligea à nous dire au revoir devant les portes du terminal 1B car m’accompagner à l’intérieur « It’s not allowed ». Au son de cette phrase devenue bien trop familière j’ai éclaté de rire au nez de la garde avant de verser quelques larmes en quittant mes acolytes. J’étais également un peu triste de quitter Bombay, mon bourreau, pour lequel j’avais déclenché un petit syndrome de Stockholm…

A 4h30 du matin, le terminal domestique grouillait déjà et j’avais l’impression d’être la seule à ne pas avoir dormi de la nuit. J’attendais, somnolant, l’embarquement de mon avion direction Chennai où j’allais prendre un autre vol pour Port Blair. Je dois avouer que je n’ai pas vu grand-chose du voyage mais de toute façon le ciel était nuageux et grâce à ces petites siestes j’ai trouvé la force de supporter la paperasse administrative qui m’attendait à Port Blair. En effet, les îles Andamans (situées à environ 1000 km de l’Inde) sont des « restricted aera » ce qui signifie qu’il faut un permis pour y séjourner car l’île renferme des populations tribales protégées. Il est par exemple interdit d’approcher les Jarawa qui vivent dans une réserve autour de laquelle est installée un vrai no man’s land ardemment surveillé pour éviter tout contact entre les populations tribales et locales. Ne parlons même pas des touristes.

Mon permis en poche, j’ai pris la direction de la Phoenix Jetty pour prendre le 1er ferry pour Havelock. Oui papa, je sais, je suis incorrigible, je n’ai pas pu m’empêcher de m’y précipiter malgré la fatigue accumulée et mes énormes sacs contenant toute ma maison. Le guichet était fermé car nous étions dimanche MAIS en Inde tout est possible DONC il y en avait un autre ouvert derrière le bâtiment principal. J’étais transpirante, piquée par les moustiques et énervée par la queue indisciplinée mais j’allais pouvoir embarquer sur le ferry pour 2h30 de trajet.  J’ai passé la moitié du voyage sur le pont à regarder la mer défiler devant mes yeux et à humer les embruns. J’avais définitivement quitté Bombay. L'air était plus pur, plus respirable.


Une fois arrivée à Havelock, je dus présenter mon permis de séjour au poste de contrôle avant de me faire harceler par des conducteurs de rickshaws qui me proposaient de m’amener à mon hôtel pour 10 roupies, la bonne affaire ! Il fallut cependant s'armer de patience pour que le rickshaw accepte de m'amener à l'hôtel que je lui avais indiqué et comme par hasard arrivés sur place, cet hôtel était complet. Il me proposa un autre resort selon lui bien mieux que celui que j'avais choisi. L'endroit était paradisiaque, je ne luttai pas inutilement. Je pris une hutte sur la plage pour 10€ la nuit dans laquelle un lit deux places surélevé et surmonté d’une grande moustiquaire et une desserte étaient les seuls meubles. Il n’y avait pas de draps, pas de papier toilette et j’aperçu un lézard et un mille pattes avant l’extinction des feux. J’allais passer ma première nuit en mode Koh Lanta amélioré qui me rappelait en tous points mon voyage à Tanna au Vanuatu. J’espérais juste qu’aucun crabe des cocotiers ne vienne dévorer mon dentifrice et me réveiller dans la nuit cette fois. Épuisée par le voyage et me répétant « ce n’est pas la petite bête qui va manger la grosse », célèbre adage de ma grand-mère, je ne fis pas long feu. Cette nuit fut la meilleure que j’eus depuis 15 jours, la tranquillité dont j’avais tant besoin était au rendez-vous, les vacances commençaient. 

Au réveil, je découvris avec émerveillement la plage du village n°5, au bout du jardin de mon « hôtel ». Sable blanc et fin, eau transparente, ciel bleu, cocotiers et barques multicolores donnaient à cet endroit une allure de paradis. En marchant le long de la plage j’observais les indiens se baigner habillés et les chiens paresser à l’ombre des palmiers. L’expression « avoir une vie de chien » perdait tout son sens ici ! Grâce au henné encore présent sur leurs mains et les nombreux bracelets rouges portés par les femmes, je devinais aisément que la plupart des couples indiens étaient ici en lune de miel.


Je décidai de louer un scooter pour me rendre sur la côte ouest d’Havelock à la fameuse Radha Nagar beach, la plus belle de l’île d'après Lonely Planet. Je découvris avec stupeur que le casque était obligatoire aux Andamans et que je pouvais être contrôlée par la police pour montrer mon permis ! Cet endroit était vraiment très surveillé par rapport au reste de l’Inde ! Après un trajet de 15 km à travers la rase campagne puis la jungle, j’atteignis THE plage… Époustouflante ! Une des plus belles plages que je n’ai jamais vue. Le sable était d’une douceur et d’une finesse, l’eau était d’un turquoise, le ciel d’un bleu et la plage d’un vide et d’un calme !  Parfaitement le genre dont je rêvais, pas vous ?

En plus d’être claire, l’eau était idéalement chaude. Je passai une partie de la journée sur la plage à voguer entre ma serviette et la mer. . Mes seuls camarades de serviette étaient de petits crabes blancs et cette solitude me convenait parfaitement après avoir vécu au milieu de 22 millions d’indiens pendant 3 mois !
Avant le coucher du soleil je regagnai le village n°5 peu rassurée par la pénurie d’essence qui frappait l’île et qui ne me permettait pas d’acheter une nouvelle bouteille de pétrole… La station essence, qui consistait en une baraque en bois au bord de la route, affichait un petit écriteau « No petrol » et des jerricanes vides. Seulement deux cent litres de pétrole arrivaient sur l’île à chaque cargaison, chaque homme d’Havelock avait le droit d’acheter uniquement 2 litres et le ravitaillement n’avait lieu qu’une fois par semaine, le mercredi en l’occurrence. Nous étions lundi… et j’avais déjà consommé un litre à moi toute seule en traversant l’île. J’arrivai heureusement à bon port avant la tombée de la nuit. Bien qu’éloignés de 1000 km du sous-continent, les Andamans suivent le même fuseau horaire que l’Inde, il y fait donc nuit très tôt vers 17h et jour vers 5h du matin. En chemin, j’avais pris la ferme décision de commencer une formation de plongée dès le lendemain pour enfin pouvoir faire de vraies plongées car j’avais déjà 3 baptêmes à mon actif, un 4ème me semblait de trop. Il me fallait 4 jours pour avoir le 1er niveau dont un jour de théorie, un jour d’exercices et 2 jours de plongée, il me restait 4 jours et demi. J’avais envie depuis longtemps de le faire, l’occasion était trop belle, je m’offrai un vrai cadeau de noël avant l’heure : l’Open Water PADI serait bientôt à moi.

Après avoir trouvé un gros crapaud dans ma salle de bain, je fus moins incline à me doucher de nuit. Comme je dormais seule dans une hutte pleine de courant d’air, je jugeai que la douche pourrait attendre le lendemain matin. Peu rassurée, j’essayai de bloquer la porte de ma salle de bain avec un de mes sacs mais le jeu entre la porte et le mur devenait de plus en plus effrayant au fur et à mesure que la nuit s’épaississait. Je partis donc à la recherche des propriétaires pour leur demander secours. Heureusement  « Mam » régla le problème vite fait bien fait et fit déguerpir l’odieux animal. Malheureusement le mal était fait, j’allais passer une partie de ma nuit à guetter le moindre bruit suspect…

Après m’être dit que j’en avais fini avec les cours depuis la fin de mes partiels à Bombay, je pris de nouveau le chemin de l’école en longeant la plage. Dur. La salle de classe avait une superbe vue sur la mer et les cocotiers. Avec pareil décor, il était difficile de se concentrer sur les vidéos PADI démodées mais bientôt grâce à tout ce savoir que j’ingurgitais à grande vitesse, j’allais pouvoir être comme un poisson dans l’eau.
A midi, je m’offris une petite séance de bronzage et un merveilleux curry de crevettes accompagné de chapatis pour me donner du courage pour la suite de l’apprentissage. Après 4h de vidéo, la lecture du manuel, 4 exercices et 4 tests qui m’avaient pris la journée, je pus enfin passer le test final de théorie. Je m’en sortis avec 4 fautes sur 50, j’en avais raz le bol mais l’essayage du matériel avec lequel j’allais m’équiper demain me redonna vite le sourire. Je rentrai par la plage et m’assis quelques instants pour regarder les indiens qui vaquaient à leurs occupations. Des jeunes jouaient au football sur le sable et retenaient l’attention de l’équipe de nettoyage de l’hôtel qui s’était arrêtée de travailler pour l’occasion, une famille profitait de la marée basse pour monter dans un bateau de pêcheurs et se livrait à une séance photo souvenirs. Un couple dont la femme portait une combinaison de plongée intégrale et un paréo sur les hanches se trempait les pieds dans l’eau. Pour la description du bain de minuit vous repasserez ! La lune apparaissait de plus en plus nette et ne se laissait voir en un petit croissance étrangement tourné à l’horizontal.



Pour dîner, je me rendis au petit restaurant près de mon hôtel où je commanda un délicieux milk shake à la banane et commença à rédiger ces quelques lignes. Très vite, une coupure d’électricité me plongea dans une atmosphère magique. Le serveur vint m’apporter une bougie et se servit d’un porte-serviettes comme chandelier. La nuit était noire. En face, un feu brûlait probablement pour éloigner les moustiques et grâce à cette lumière j’apercevais une vache broutant l’herbe non loin de là, j’entendais le chant de petits grillons et insectes qui redoublait d’intensité au fur et à mesure que l’activité se ralentissait et au loin des chansons indiennes s’échappaient des maisons plongées dans l’obscurité. Malheureusement la coupure de courant ne dura pas assez longtemps pour que j’ai le privilège de diner aux chandelles mais la lumière me permis de voir l’image insolite du jour : un Sikh parfaitement enturbanné qui portait des Crocs prit place dans le restaurant. Une image typiquement indienne : mondialisation et religion faisaient bon ménage. Le 3ème soir, ce fut une araignée velue qui m’accueillit dans la salle de bain, ni une ni deux, je grimpa vite fait dans mon lit sur pilotis pour me mettre à l’abri du monstre sous ma moustiquaire géante.




Le matin, je fus réveillée par un coq et des poules qui picoraient une noix de coco devant ma hutte. Afin de me rapprocher du centre de plongée, j’avais décidé d’y prendre une hutte, je partis donc pour mon cours de plongée en « milieu protégé » avec toutes mes affaires sur le dos. Après avoir ingurgité une pancake à la banane et essayé mes équipements, j’étais fin prête pour cette journée d’entrainement. Tout d’abord avec Vivan, une malaysienne qui suivait également ce cours, nous avons appris à préparer et à ranger nos équipements, nous avons ensuite pris un bateau traditionnel en bois en direction de la plage n°3 pour y faire nos exercices. Simuler une panne d’air, la perte de mon détendeur ou une crampe furent une partie de plaisir. Ce fut en revanche moins le cas lorsqu’il fallut que j’enlève mon masque pour le remette en étant sous l’eau. Très forte en coordination des mouvements (…) je faillis m’étouffer car je n’arrivais pas à continuer de respirer dans le détendeur par la bouche en ayant le nez dans l’eau ! J’ai donc un peu bu la tasse par le nez avant de parvenir à chasser l’eau de mon masque. Nous passâmes une partie de la matinée à remorquer son binôme, à se familiariser avec les signes de plongée et à pratiquer tout un tas de règles de sécurité qui nous permettraient d’être plus ou moins indépendantes lors de nos prochaines plongées. Pour l’instant, nous allions faire une 1ère plongée d’exploration pour mettre tout ça en pratique. Elle dura plus d’une demi-heure à 8m, j’avais déjà plongé beaucoup plus profond auparavant mais cette fois-ci je devais maîtriser ma flottabilité pour ne pas couler ou pour ne pas remonter à la surface, contrôler ma quantité d’air restante ou ma profondeur comme une grande. Cette plongée nous donna un bel aperçu de la richesse des fonds marins des Andamans dont des poissons clown, seiches, poissons lions et autres magnifiques créatures. J’étais aux anges et ce n’était que le commencement.

Après la formation, je décidai d’aller me faire dorer la pilule à Elephanta beach. Pour m’y rendre, il me fallait louer un scooter puis marcher pendant une trentaine de minutes. Arrivée devant le sentier de terre qui menait à la plage à travers la jungle, j’éprouvai un petit doute en ma capacité à jouer les Robinsons surtout que j’étais déjà effrayée par deux chiens errants qui me barraient la route. Mais j’avais affronté un singe à Coonoor, il était donc hors de question que je me laisse démonter par si peu. Je pris mon courage à deux mains et attendis tranquillement que les chiens continuent leur route avant d’emprunter l’étroit chemin boueux. Très vite je croisai deux locaux à qui je demandai s’il était possible que je tombe sur des singes ou des serpents en chemin. Ils me répondirent par la négative. Un peu soulagée, je continuai à avancer tout en scrutant scrupuleusement les fougères. Je me saisis d’un bâton pour taper le sol afin d’éloigner les serpents, juste au cas où... J’arrivai en nage à la lisière de la jungle après avoir fait la funambule sur un rondin de bois pour traverser une étendue d’eau boueuse. Le cœur battant à 1000 à l’heure et affolée par le moindre craquement ou cri d’animaux, je déclarai forfait. Je n’étais pas Jane et surtout il manquait Tarzan pour que je réussisse l’expérience. Faire la jungle en solitaire, j’avais tout simplement visé trop haut cette fois. Je me consolai donc avec la plage N°7 où je peaufinai mon bronzage et observa crabes et Bernard L’Hermite en attendant le coucher du soleil. Ce fut une belle compensation.



A partir de 16h30, le soleil commença à décliner et donna au ciel des splendides variations de roses, bleus et jaunes. De nombreux indiens s’étaient pressés sur la plage pour assister à ce magnifique spectacle. Après Mumbai, les iles Andamans étaient sans doute le lieu qui caractérisait le mieux les écarts de richesse qui peuvent exister en Inde. D’un côté, il y avait ces couples de jeunes mariés ou ces familles fortunées habillées à l’occidentale qui venaient ici pour pratiquer tout un tas d’activités. Plongée, location de jeep, restaurants, chambres luxueuses avec vue sur la mer, rien n’était trop beau pour eux, ils avaient amassé suffisamment d’argent pour se payer des vacances de rêve et ils comptaient bien le montrer. Déjà sur place, ils arboraient fièrement les t-shirts de leur centre de plongée alors que la plupart ne savaient pas nager… De l’autre côté, il y avait ces réfugiés de la partition qui avaient fuit le Bengale lorsque les hindous y furent persécutés. Ils avaient trouvé de la terre à cultiver ici et en avaient fait leur gagne pain. Entre deux resorts, il était commun de voir des femmes en sari en train de préparer les légumes avant de les porter au marché. L’Inde changeait si vite, je me demandais pendant encore combien de temps ces femmes seraient là…



 Je me rendis au marché où je me promena entre les étals de fruits et légumes, je m’assis boire un chai dans une échoppe, je fis quelques courses dont du produit anti-moustique local et je commanda un veg frankie (sorte de crêpe fourrée aux légumes) au bord de la route… Bref, je savourais les petits plaisirs à l’indienne.


Le lendemain était un grand jour, j’avais deux plongées de prévu pour mettre en pratique ce que j’avais appris les jours précédents. Le 1er site de plongée était à 1h40 de la plage n°5 d’Havelock, nous primes donc une sorte de joli chalutier en bois pour nous y rendre. La sortie en bateau valait le déplacement en soit, nous voguions au milieu d’un archipel à couper le souffle et nous étions seuls dans ce paradis. Durant toute la traversée nous n’avons croisé qu’un seul bateau et aperçu au loin un ferry qui faisait la navette entre Port-Blair, la capitale, et Havelock. Les îles qui nous entouraient étaient désertes et seule la jungle y régnait avec une puissance absolue. Des endroits préservés existaient donc encore sur terre et j’allais pouvoir y goûter lors de ma 1ère plongée de la journée à white house rock.

Je fus d’abord impressionnée par la quantité de plancton présent dans l’eau car je n’en avais jamais vu en Méditerranée, je comprenais maintenant pourquoi nos mers étaient si vides, nos poissons n’ont tout simplement rien à manger ! Arrivée à 12 m, je cru être tombée dans un aquarium ! Tout autour de moi des milliers de petits poissons colorés vaquaient à leur occupation. Des poissons clown jouaient dans leur anémone, des poissons lions zébrés noirs et blancs se cachaient sous des rochers, des rascasses essayaient de se dissimuler sur le sable, des poissons perroquets (verts, bleus, violets et jaunes à la fois) se lançaient dans une course poursuite, des poissons jaunes, noirs et blancs nageaient majestueusement, des poissons « grogneurs » jaunes et marrons se déplaçaient en famille etc... C’était un défilé incessant de couleurs, de formes et de matières, j’en prenais plein les yeux, je n’avais jamais vu ça et pourtant je n’en étais pas à ma 1ère plongée en eau tropicale. Je fus surtout impressionnée par les coraux qu’il y avait sur ce site. Partout il y avait des gorgones, ces coraux qui ressemblent à des petits arbres ou à des feuilles nervurées, il y avait également beaucoup des tiges de coraux faisant penser à des lianes sous marines, des sortes de tubes si gros qu’on pouvait y fourrer notre bras entier, des coraux mouvants dits « mous » violets ou bleus ou encore des éponges. Attention ne vous trompez pas, ces éponges n’ont rien à voir avec celles avec lesquelles on se lave ou avec leur ami Bob, il s’agit en fait de coraux de couleur souvent rouge qui semblent également un peu mous. Je redécouvrais un monde magique que la plupart des gens ne verraient jamais, je mesurais et savourais ma chance.

L’après-midi, je plongeai sur une épave échouée là dans les années 30 qui servait de maison à de nombreux poissons. Je vis de plus gros poissons comme des Giant Trevally (ne me demandez pas comment ça s’appelle en français mais c’est une sorte d’énorme daurade argentée), des poissons tuyau de pipe qui ressemblaient à des hippocampes écrasés ou des méchantes murènes qui avaient l’air un peu ensuquées par l’eau chaude. Je passai entre les fenêtres du navire, tenta de m’asseoir sur des toilettes tombés sur le fond et je m’arrêtai au nail bar de madame la crevette nettoyeuse. J’en étais à ma 3ème plongée, je me sentais comme un poisson dans l’eau. Enfin pas tout à fait, l’eau était à 28°C et j’avais une combinaison intégrale mais en bonne frileuse que je suis, j’avais tout de même un peu froid ! Remorquer ma monitrice qui me simula un malaise une fois remontées à la surface finit par venir à bout du peu de force qui me restait mais eu l’avantage de me réchauffer. Dès mon retour à terre je me précipitai dans ma hutte où je dormis durant 11h, ça n’a pas l’air comme ça mais la plongée ça crève !



Le jour suivant se déroula un peu de la même façon, je plongeai la 1ère fois de la journée à South Button, une minuscule île perdue au milieu de l’archipel qui était survolée par des aigles majestueux. Une perle. Je descendis jusqu’à 18m la limite de profondeur à laquelle je pouvais aller avec mon certificat. Je réussis avec brio l’épreuve du masque que je parvins à enlever et à remettre sans m’étouffer cette fois. Je vis mon 1er poulpe, des gros poissons chauve-souris, des poissons Napoléon, des bans de poissons multicolores et encore bien d’autres. L’après-midi, je fis la rencontre d’un ban d’énormes barracudas, autant vous dire que je n’en menais pas large, c’est le cas de le dire ! Partout il y avait de superbes étoiles de mer bleues, blanches ou rouges, des poissons en train de pondre et des bébés poissons qui semblaient dans leurs premiers jours de vie. Un beau spectacle.
Au retour, je reçus mon certificat attestant de ma réussite du niveau Open Water PADI, j’étais officiellement devenue une vraie plongeuse mais malheureusement mon séjour au paradis touchait à sa fin… Demain un ferry me ramènerait à Port Blair où je prendrais l’avion direction Chennai puis le taxi pour Mamallipuram où j’accueillerais une famille de touristes bien connus. 




Mon réveil fut très matinal, il faisait encore nuit dehors j’en profitai donc pour aller me dégourdir les jambes sur la plage et pour admirer le lever du soleil. Quelques indiens étaient également réveillés, certains se baladaient suivis par quelques chiens errants, d’autres se baignaient ou du moins se couchaient dans l’eau pour se mouiller un peu car je les soupçonnais de ne pas savoir nager et d’autres faisaient leurs ablutions en priant face au soleil levant. Je restai là pendant près d’une heure à observer les changements de couleurs dans le ciel au fur et à mesure que le soleil pointait son nez. Une belle image pour finir ces somptueuses vacances. 




dimanche 16 décembre 2012

La fin de Bombay est proche...

Chers tous,

3 mois et une semaine se sont écoulés depuis que j'ai atterrit à Bombay, et demain dès l'aube, je partirai... 

J'ai vécu (survécu) à cette ville de 22 millions d'habitants, la 5ème ville la plus peuplée du monde, j'y ai vécu de nombreuses aventures et rencontré de nombreuses personnes. 
Certaines expériences auront marqué ma vie à jamais et je ne saurais vous dire combien j'ai appris, combien j'ai changé depuis mon arrivée ici. 

J'ai quelques articles de retard au sujet de cette ville tentaculaire, j'espère profiter de mes vacances aux îles Andamans pour les écrire..
Plages de sables, poissons multi-colores, cocotiers, éléphants sur la plage m'attendent là-bas ainsi qu'un peu de calme que j'attends avec impatience...

A très vite 

Vérane 

mercredi 12 décembre 2012

Se marier comme dans un Bollywood

L’Inde est certes le pays des Maharajas, des épices et des éléphants mais il est aussi celui du mariage !  Les cérémonies y sont les plus féériques (kitchs ?), le taux de divorce y est l’un des plus bas du monde (2%) et c’est à Bollywood que l’on tourne les films les plus romantiques. 

Pour vous mettre dans l’ambiance pour ce qui va suivre, je vous propose de regarder ce clip extrait du film Jab tak hai jaan que nous sommes allés voir au cinéma: http://www.youtube.com/watch?v=VAt6TO2gdko. Ce Bollywood raconte l’histoire d’un couple que tout oppose mais dont l’amour, plus fort que tout, arrive à surmonter tous les obstacles. Cliché à souhaits mais les indiens adorent, et nous aussi (moi en particulier) ! 

Décemment nous ne pouvions pas quitter Bombay sans vivre un conte de fée Made in India. Mais comment faire pour se faire inviter ? Nous avions bien pensé à aller à l’un des gigantesques mariages qui ont lieu dans les five star hôtels de la ville et faire comme si nous étions sur la liste des nombreux invités…mais nous n’avions pas l'air très locales… or le meilleur moyen pour des occidentales d’assister à un mariage indien, c’est d’y servir !

Après de nombreux ratés, Kiran, notre « agent » nous avait promis que cette fois serait la bonne et ce fut le cas !  A 17h, il devait venir nous chercher à Andheri station pour filer vers le nord de Bombay où se déroulait la cérémonie. Kiran nous avait demandé de nous habiller en robe et talons noirs, malheureusement, aucune d’entre nous n’avait la panoplie complète mais le gros sac en plastique qu'il portait ne laissait aucun doute sur le sujet, nous allions devoir nous changer, la question qui subsistait était pour porter quoi ? On s'imaginait déjà en saris magnifiques...

La voiture nous emmenait vers le nord à toute allure et nous apercevions les montagnes qui entouraient Bombay dont nous n’avions jamais vu les contours. Partout de géants buildings poussaient comme des champignons et ce à perte de vue, ce qui renforçait notre impression de vivre dans une ville sans fin. Au bout de 30 minutes nous arrivions à peine dans le quartier où devait se dérouler les noces mais nous n’étions pas au bout de nos peines... Il nous fallut pas moins d’1h30 pour trouver le lieu à cause des bouchons et des étoiles… En effet, depuis quelques jours les astres étaient positionnés de manière favorable pour les mariages, ainsi, toutes les cours d’école, gymnases, hôtels ou autres lieux de réception du quartier s’étaient transformés en palais des milles et une nuit éphémères, il était donc quasiment impossible de trouver où était le bon mariage… Des guirlandes électriques et des porches de tissus symbolisaient l’entrée du lieu de réception mais d’un mariage à l’autre cela se ressemblait tellement qu’on ne parvenait plus à les différencier. Kiran se refusait d’utiliser tout GPS et ne connaissait pas le nom des mariés ce qui ne facilitait pas les choses...

L'entrée planta tout de suite le décor mais c'est uniquement quand on pénétra dans la cour qui abritait le mariage qu'on comprit l'ampleur de ce mariage annoncé par Kiran comme étant un petit mariage avec seulement 800 convives...Une marée de chaises se tenaient devant une scène monumentale digne d'un concert ou d'un show télévisé...



Un mariage indien dure plusieurs jours et ce soir il ne s'agissait uniquement d'une réception avec une partie de la famille de la mariée. Un spectacle de plus de 3 h était organisé dans lequel la mariée jouait le rôle principal, celui de la princesse pour qui son conte de fée va bientôt se réaliser.
Danseuses occidentales, décoration délirante, écrans géants, présentatrice de télé, troupes de danseurs et potiches de services (nous :)), rien n'était trop beau pour cette grande réception.





Des dizaines et des dizaines de plats différents étaient proposés aux invités. Il y avait des stands représentant les cuisines de l'Inde, mais également un stand japonais, thaïlandais, italien et plus étonnant, un stand suisse proposant de la fondue.

On y trouvait de tout mais il ne fallait pas espérer trouver de la viande et encore moins de l'alcool. Il est d'usage de servir des plats uniquement végétariens lors des mariages en respect pour les dieux.





Notre stand était celui des soupes, c'était surtout le plus proche des invités pour que tout le monde puisse voir que les mariés avaient les moyens de payer des françaises pour le service.
Obligées de mettre une robe noire plutôt courte et des talons (et non pas des saris) nous étions de vrais objets de décoration. Notre job consistait à donner un bol au cuisinier qui le remplissait de soupe et nous le redonnait pour qu'on puisse servir les convives. Passionnant me direz-vous.. et bien oui, cela nous a permis de profiter du spectacle, de parler en cachette aux serveurs, étonnés de vous voir là  et qui n'avaient pas le droit de nous adresser la parole, mais surtout d'observer les indiens de plus près. Habitués à être servis, les indiens de haut rang ont peu de considération pour les serveurs, aucun bonjour, ni merci, la plupart du temps ils se contentaient de montrer avec supériorité la soupe qu'ils souhaitaient.



Le clou du spectacle fut l'arrivée fracassante de la mariée sur une plateforme actionnée par des vérins hydrauliques, entrée digne de Céline Dion au Stade de France pour la chanson My heart will go on.
Vêtue d'une robe blanche couverte de strass brillants de mille feux, elle descendit un escalier très Miss France crée pour l'occasion. Sur chaque marche, un jeune homme l'attendait avec une rose rouge à la main, ce qui fait qu'en bas de l'escalier, elle disposait d'un magnifique bouquet.
Ahhhhh que c'est romantique..
Quelle fille n'a jamais rêvée d'être une vraie princesse pour le jour de son mariage?
En Inde, nous savons désormais que c'est possible !

Malheureusement, ces mariages de contes de fées cachent parfois une réalité bien plus dure quand on sait qu'en Inde  de nombreux mariages sont encore arrangés.
Était-ce le cas de celui-ci? Impossible de le savoir...